Le 12 septembre 2008, cela fait 10 ans que 5 Cubains sont retenus prisonniers aux États-Unis.
Une campagne de solidarité internationale maintient et amplifie ses actions au Québec, aux Etats-Unis, en Amharique Latine, en Europe pour exiger leur libération, dénoncer
les entraves contraires aux droits de l'Homme réservées aux membres de leurs familles.

Qui sont ces 5 Cubains ?
Antonio Guerrero (Miami, 1958) ingénieur en construction d'aérodromes, poète,
deux fils,
Fernando Gonzalez (La Havane, 1963), diplomé de l'Institut des Relations Internationales du Ministère des Affaires étrangères, marié,
Gerardo Hernandez (La Havane, 1965) diplomé de l'Institut des Relations Internationales du Ministère des Affaires étrangères, marié,
Ramon Labañino (La Ha­vane, 1963) licencié en Économie de l'Université de La Havane, marié, trois filles,
René Gonzalez (Chicago, 1956) pilote et instructeur de vol, marié, deux filles.
Tous les 5 sont injustement emprisonnés aux Etats-Unis...
Pourquoi?


Pourquoi étaient-ils aux États-Unis ?

La République de Cuba a subi des pertes humaines significatives (plus de 3500 morts ) et de coûteux dommages du fait des agressions dont elle a été victime pendant des décennies. Ses protestations auprès du gouvernement des Etats-Unis et des Nations Unies ont été vaines. Au début des années 1990, et alors que Cuba s,efforçait de développer le tourisme, les anticastristes de Miami ont déclenché une violente campagne d'attentats visant à dissuader les étrangers de se rendre dans l'île. En 1997, une bombe a été découverte dans l'un des aéroports de La Havane, d'autres ont explosé dans des bus et des hôtels. Un touriste italien — Fabio di Celmo — a été tué, des dizaines d'autres blessés. Des installations touristiques ont été mitraillées, depuis des embarcations venues de Miami.

 

Cinq Cubains — MM. Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Ramon Labañino, Fernando González et René González, les « cinq », comme on les appelle désormais, sont arrivés aux Etats-Unis en provenance de La Havane, avec pour mission d'infiltrer les organisations armées issues de l'extrême-droite cubaine exilée, organisations soutenues, financées, en Floride par les gouvernements étasuniens successifs, afin de découvrir leurs activités terroristes contre Cuba, de stopper la violence que subissait le peuple cubain.

 

500 morts pour Cuba, cela représente en proportion 14000 morts par des attentats commis en Espagne...

Deux procès : deux poids,
deux mesures

Rien n'est plus révélateur que le contraste entre la conduite du gou- vernement étasunien dans cette affaire et son attitude face à MM. Orlando Bosch et Luis Posada Carriles. Ces deux personnes sont, entre autres, les organisateurs d,un attentat à la bombe à la suite duquel un avion DC-8 de ligne cubain a explosé en plein vol, le 6 octobre 1976, tuant 73 civils. Quand M. Bosch a demandé un permis de séjour aux Etats-Unis, en 1990, une enquête officielle du département de la justice avait conclu : « Pendant des années, il a été impliqué dans des attaques terroristes à l'étranger, il s'est dit partisan de la réalisation d,attentats et de sabotages, et a trempé dans des attentats et des sabotages. » Malgré cela, il s'est vu octroyer le permis de séjour par le président George Bush père...

Quant aux cinq Cubains, il leur faudra attendre plus deux ans dans les pires conditions d'incarcération (isolement total, interdiction de communiquer yc avec leurs avocats... ), pour que le 27 Novembre 2000 s'ouvre leur procès. Malgré toutes les demandes de la défense, il se tiendra à Miami même, dans une atmosphère de haine orchestrée par la communauté cubano-américaine. L'accusation initiale présentée par le FBI faisait état de conspiration en vue d'espionnage, d'utilisation de fausse identité et de délits mineurs. Là-dessus vint s'ajouter à l'encontre de Gerardo Hernandez une accusation de conspiration en vue d'assassinat, liée à la mort de 4 Cubains de Miami lors de l'inter- vention de la chasse cubaine qui avait abattu deux des petits avions de Hermanos al Rescate. Le procès, faussé de bout en bout par la mafia de Miami, dura 7 mois. C'est le plus long procès de l'histoire pénale des USA. On vit défiler devant des jurés sous influence, des ex- perts manipulés, des terroristes notoires, qui vinrent se vanter de leurs « exploits » devant la Cour. Malgré l'absence de preuves et un millier de pièces classées « secret-défense » donc inaccessibles à la Défense, le jury, le 8 juin 2001, déclarait les Cinq coupables de toutes les charges. Les sentences tombèrent en décembre 2001: 2 fois la perpétuité plus 15 ans de prison pour Gerardo Hernandez, la perpétuité plus 18 ans pour Ramon Labañino, la perpétuité plus 10 ans pour Antonio Guerrero, 19 ans pour Fernando Gonzalez, 15 ans pour René Gonzalez. Sur ce, les 5 condamnés ont été expédiés aux 4 coins des USA et depuis lors changent régulièrement de lieu d,incarcération.


Le 16 juillet 2008, Adriana Pérez et Olga Salanueva, épouses de Gerardo Hernández et René González, sont convoquées par la Section des Intérêts des Etats-Unis à La Havane. Elles avaient sollicité un rendez-vous pour demander, une fois de plus, le visa leur permettant de rendre visite à leurs maris dans les prisons où ils sont détenus.
Elles avaient présenté leur demande en janvier 2008.
Sept mois plus tard, et ce pour la neuvième fois, le visa d'Olga lui a été refusé parce qu'elle a été expulsée des Etats-Unis en novembre 2000.
Il lui a été spécifié par écrit, et ce pour la première fois, que « cette interdiction de territoire a un caractère permanent ».
En ce qui concerne Adriana, elle aussi présentait sa requête pour la neuvième fois, et la réponse a été reportée.

Le gouvernement des Etats-Unis déclare indésirable une femme comme Olga que l'on n'a jamais pu accuser d'un quelconque délit et prétend continue d'ajourner depuis dix ans, la rencontre d'Adriana Pérez et de son époux. Avec des parlementaires du monde entier, des ministres, des gouvernements, des Prix Nobel, l'actuel président de l'Assemblée Générale des Droits de l'Homme à l'ONU, nous exigeons du gouvernement des Etats-Unis que soient im­médiatement accordés des visas à Olga Sala­nueva et Adriana Pérez.

 

Écrivez-lui !
Monsieur l’Attorney General U.S.
Department of Justice
950 Pennsylvania Avenue, N.W
Washington, D. C 20530-0001

Free the Five, le Comité étasunien pour la Libération des Cinq, appelle les personnes éprises de justice à travers le monde à adresser à l'Attorney General (ministre de la justice des États-Unis) des messages réclamant que le visa Ut soit accordé à Mme Adriana Peres O'Connor et à Mme Olga Salanueva pour qu'elles puissent rendre visite à leurs époux respectifs, Gerardo Hernandes et René Gonzalez.
L'appel de Free the Five indique que Adriana Peres O'Connor et 6erardo Hernandes, qui devaient célébrer ce 15 juillet le 20e anniversaire de leur mariage, ne se sont pas revus depuis 10 ans parce que les autorités états-uniennes refusent à Adriana le visa.
Pour sa part, Olga Salanueva n'a plus revu son mari, René Gonzalez, depuis août 2000, également à cause « du refus injuste et cruel du gouvernement des États- Unis a opposé à chacune de ses demandes de visa.

www.freethefive.org

La conférence « rompre le silence » qui s'est tenue à Toronto a émis un appel, demandant entres autres, à toutes les personnes de conscience qui veulent un monde de paix et de justice d'appuyer la formation d'une commission internationale pour le droit des visites des familles afin d'aider à l'obtention de visas étasuniens pour qu'Adriana Perez et Olga Salanueva puissent visiter leurs maris, ce qui leur a été refusé depuis dix ans et pour que tous les membres des familles puissent obtenir des visas sans délai.


Les champions de la liberté ne sont-ils pas les pires liberticides ?

Voyons cela de plus près : par 5 voix contre 4, la Cour suprême des USA a confirmé le 26 juin 2008 le second amendement de la Constitution de 1791 qui stipule:

"Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé".

C'est l'ancien représentant des USA à l'ONU, John Bolton, qui nous l'a utilement rappelé dans une récente émission d'Arte (2 septembre 2008) sur "Control Arms". Or, c'est au nom de cet amendement que les USA s'opposent à tout contrôle international des livraisons d'armes (selon Amnesty, Iansa et Oxfam, entre 1996 et 2003,57% des ventes d'armes sont le fait des USA, contre 16% pour le Royaume Uni, 11% pour la France, 10% pour la Russie etc.). Mais c'est aussi au nom de cet amendement que tout citoyen étasunien "sain d'esprit" est libre de porter une arme légère à l'intérieur des USA et de s'en servir comme il l'entend pour préserver ses intérêts!
Et c'est là qu'on voit que la lutte des uns qui militent à l'intérieur des USA pour l'abolition de cet amendement rejoint la lutte des autres qui cherchent à se libérer collectivement à l'extérieur des USA. Car ce qui est vrai pour tout étasunien à l'intérieur des USA l'est évidemment aussi pour tout "citoyen épris de liberté" à l'extérieur des USA!
Et c'est au nom de cet amendement que les USA ont soutenu, financé et armé toutes les formes de milices et de guerres civiles à travers le monde: les talibans contre l'occupation par les soviétiques de l'Afghanistan, les fascistes chiliens contre un Allende démocratiquement élu, les "contras" contre la révo- lution sandiniste au Nicaragua en passant bien sur par les exilés anticastristes (Orlando Bosch, Posada Carriles) qui de Miami organisaient des attentats terroristes sur le sol cubain !
Ainsi ces terroristes peuvent couler des jours paisibles en Floride et ne pas être extradés - car non extradables du point de vue des juges étasuniens -

alors que les 5 cubains anti-terroristes qui avaient infiltré les réseaux terro- ristes anticastristes ont été arrêtés, jugés et condamnés pour s'être livrés à des actes d'espion- nage sur le sol US!
Et cela en toute légalité étasunienne : la commission d'aide "Pour un Cuba libre" n'a t elle pas affecté en juillet 2006 plus de 63 millions d'euros pour entraîner et équiper les dissidents de Floride ? Et 53 millions de dollars US ne sont-ils pas affectés chaque année au chargé d'affaires étasunien à la Ha- vane (J. Cason) pour "organiser" l'opposition interne au régime cubain ? Qui nous dit d'ailleurs que l'ambassade des USA à Paris ne finance pas - au nom de la liberté de croire et d'évangéliser - des sectes religieuses dont nous tairons les noms ?
Aussi est-ce en toute légalité bolivienne qu'Evo Morales a décrété persona non grata l'ambassadeur US à la Paz, accusé d'alimenter le séparatisme en Bolivie. "Diviser pour régner", telle est la devise de cet ambassadeur (P. Goldberg) qui a déjà fait ses preuves sécessionnistes en Bosnie et au Kosovo. Or, bien qu'ayant été confirmé à son poste de président indien aymara en août avec plus de 67% des suffrages boliviens, Evo Morales est confronté depuis des mois à la fronde sécessionniste des gouverneurs hispanophones et racistes des 5 provinces les plus riches de Bolivie car riches en hydrocarbures mais qui n'acceptent pas la nationalisation du gaz. Alors qu'Evo ne contrôle ni les médias, ni les universités, ni l'Église qui est du coté des gros propriétaires terriens et des multinationales du gaz et du pétrole, les sécessionnistes sont récem- ment passés à l'action violente en pillant des bureaux administratifs et en coupant l'approvisionnement en gaz de l'Argentine et du Brésil. Affaire à suivre car quelle sera l'attitude de l'armée, qui semble encore être fidèle à Evo Morales ... mais qui, encadrée par des instructeurs étasuniens, avait jadis arrêté le Che ?

Affaire d'autant plus à suivre que Chavez vient de suivre l'exemple de Morales en expulsant à son tour l'ambassadeur des USA ... alors que la IVème flotte étasunienne a été réactivée depuis quelques mois ?

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